Henri Fantin-Latour, Fleurs (1872) — collections.louvre.fr - Domaine public
Le coin des mamans
Garder trace des moments précieux de l'enfance
Chères mamans,
Vous connaissez sans doute déjà l'idée de tenir un petit cahier pour chacun de nos enfants, dans lesquels consigner leurs meilleures "perles", écrire des petites anecdotes que l'on ne veut pas oublier pour en rire à nouveau ou s'en émouvoir, et rappeler les moments où on les a vus s'éveiller à la présence de Dieu.
Certaines appelleront cela un cahier de gratitude, d'autres voudront simplement écrire dans leur propre journal quotidiennement les petits faits de la journée où le caractère de leurs enfants est apparu. Peu importe la forme finalement : ce message voudrait vous encourager à mettre en œuvre (même seulement une fois de temps en temps !) ce petit exercice d'écriture, sans chercher le perfectionnisme.
Une feuille et un stylo dans la cuisine, ça suffit pour noter à la volée un bon mot où rédiger un "grand événement" survenu à taille d'enfant.
Écrire nous fait poser un regard aimant et profond sur ces premiers instants de vie, cela nous sort un peu la tête de l'eau. (C'est un bon exercice pour maman excédée, aussi. Ça reconcentre sur le positif, qui est toujours bien plus abondant que notre épuisement nous fait croire.)
Et puis, comme notre privilège de mère est d'avoir la mémoire des débuts de leur vie, c'est aussi un beau cadeau à faire à nos enfants lorsqu'ils ont grandi !
Johannes Vermeer, Jeune femme écrivant une lettre (vers 1665))
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Qui suis-je ?
Le langage de ce qui croît
Le corps humain n'est pas un objet neutre. Matériel, il n'est pourtant pas une matière inerte, modelable, transformable.
Matière et esprit, il n'est pas un simple support, une interface concrète qui permettrait à nos esprits, immatériels et retranchés derrière lui, d'entrer en contact avec le monde.
Le corps humain, qui nous fait entrer dans le monde, par qui nous faisons notre entrée dans le monde, fait partie du monde. Vivant, il est lui-même une partie du monde.
Le corps humain est soumis aux mêmes lois que celles qui régissent le monde physique. Il est soumis au temps et à l'espace : il est situé hic et nunc, ici et maintenant. Il est soumis aux lois qui régissent les corps physiques : comme toute matière, il prend l'empreinte de la chaleur, il subit les assauts du froid, il se dégrade avec le temps qui passe…
Notre corps évolue dans un monde régit par des lois. De la même manière que nous ne voyons pas l'attraction terrestre, mais y sommes soumis, nous ne voyons pas avec nos yeux la logique qui préside au développement de la vie humaine, mais nous y sommes soumis.
Qui se rebelle contre la loi de l'attraction universelle ? Qui s'en indigne, qui la méprise ? Les corps tombent, c'est comme cela, tout simplement. Cela n'a empêché personne de rêver à voler. Cela n'a pas empêché les poètes de faire voler Icare, Pégase ou la fée Clochette. Cela n'a pas empêché les scientifiques d'aller explorer ce qu'il y a au-dessus des nuages, et d'habiter là-haut des espaces sans pesanteur. La loi universelle de la gravitation ne nous empêche pas de monter en montgolfière, de prendre l'avion – ni même de danser sur une corde au-dessus du vide.
Ces lois, auxquels nous sommes soumis et que nous n'avons pas choisies, nous ne les voyons habituellement pas comme des contraintes, mais comme un déroulement : à un moment donné, la pomme tombera de l'arbre. Rien à faire, c'est comme cela que ça se passe.
Et pour que l'arbre pousse, il faut d'abord qu'une graine ait été plantée dans la terre, qu'elle ait germé sous terre, qu'une pousse se soit développée, qu'un tronc armé de branches se soit élevé vers le ciel. Ces étapes, nul ne peut les inverser, ni en faire sauter aucune. Trouvons-nous cela contraignant ? Peut-être un peu : le monde des choses vivantes est un monde qui requiert de la patience. Ce monde-là prend son temps. Nous n'avons pas choisi comment poussent les plantes qui nous nourrissent. C'est ainsi : nous nous y sommes faits.
Ou plutôt, nous sommes faits pareil. Nous appartenons nous-mêmes à cet ordre de choses. Puisque le corps humain est une partie du monde, une parcelle de l'univers, alors soumis aux lois du monde, il porte en lui la marque de ces lois. Non seulement il leur obéit, mais il les contient : elles sont écrites en lui.
Le corps humain nous dit comment fonctionne le monde. Si, le contemplant, on se met à son écoute, le corps humain parle. Et que nous dit-il ? Il nous parle de la logique créatrice de Dieu. Il nous parle des lois invisibles qui régissent l'univers des choses visibles.
À cet égard, le corps féminin nous révèle quelque chose de particulier.
En tant que corps humain, le corps féminin porte la marque de la manière dont il a été créé. Mais c'est là précisément qu'il possède sa particularité, son admirable et terrible privilège. Le corps féminin fait partie du monde et il fait venir au monde. Vivant, il est même deux fois vivant : il peut contenir en lui un autre corps vivant. Il peut mettre au monde. Il peut donner la vie.
Le corps féminin nous parle le langage de ce qui croît, non de ce qui est fabriqué. Il est du côté de ce qui pousse et grandit, de ce qui vit et se développe.
Les femmes portent dans leur corps la marque de la croissance.
Si on se met à son écoute, le corps féminin nous renseigne sur la vie elle-même, comme on la donne, comme on la reçoit, comme elle est forte et fragile, chair et os.
Gustav Klimt, Jardin de campagne (1905-1907)
Domaine public
Vous aimez 💘 la lettre Entre toutes les femmes ?
Faites-la connaître en la transférant à vos amies !
Aujourd'hui, voici une courte vidéo du réalisateur français Mikaël Buch pour la Troisième scène de l'Opéra de Paris (cette collection de vidéos postées sur la chaîne YouTube de l'Opéra, dont le but est de faire connaître et aimer l'art).
Une mère et son fils, interprétés par une Nathalie Baye et un Vincent Dedienne plus vrais que nature, se retrouvent à l'opéra pour l'anniversaire de celle-ci. Au programme : la Médée de Cherubini (1797).
Dans la salle avant que ne débute l'opéra, nous assistons au dialogue tendu (qui ne manque pas d'humour) qui s'installe entre eux. Ce n'est pas une relation idéalisée : au contraire, entre les deux le fossé semble infranchissable.
On apprécie ici la rapidité du trait permise par la forme du court-métrage, et admirablement servie par le jeu des acteurs. Les dialogues surtout semblent sortis de la vraie vie : le réalisme, c'est le grand atout du court-métrage.
Si la conclusion ne nous fait pas entrevoir de réconciliation entre les personnages, elle semble indiquer que du moins l'art leur aura permis de vivre quelque chose ensemble.
un coup de cœur ❤, un enthousiasme, une émotion 🤩😯💔😢💗💃😍 artistique ?
La semaine prochaine, nous pourrions savourer ensemble votre œuvre d'art 🌟