Anonyme, Deux branches avec des roses, quatre papillons et un escargot (1688-1698) — rijksmuseum.nl – Domaine public
Le coin des mamans
Préserver sa prière au cœur du chaos
Chères mamans,
La fin de l'année scolaire se profile, le mois de juin s'annonce, avec son beau temps et ses obligations : invitations à rendre avant l'été, préparation de la kermesse 🎉, organisation des grandes vacances ⛺ (aïe, l'épineuse question de la garde des enfants), éventuellement mariages 👗, déménagement 🚚 …
Aujourd'hui un encouragement pour qu'au milieu de tout cela, votre prière du matin 🙏🌞 ne passe pas à la trappe !
Avec une idée de texte, pour celles qui n'auraient pas d'idée. 👇
Seigneur,
dans le silence de ce jour naissant, Je viens vous demander la paix, la sagesse et la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde
avec des yeux remplis d’amour ;
être patiente, compréhensive, douce et sage ; voir vos enfants au-delà des apparences, comme vous les voyez vous-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun.
Fermez mes oreilles à toute calomnie, Gardez ma langue de toute malveillance et que seules les pensées qui bénissent
demeurent en mon esprit.
Que je sois si bienveillante et si joyeuse que tous ceux qui m’approchent sentent votre puissance et votre présence.
Revêtez-moi de votre beauté, Seigneur, et qu’au long du jour je vous révèle.
Ainsi soit-il.
(attribuée à saint François d'Assise)
Claude Monet, Impression, soleil levant (1872)
Domaine public
Qui suis-je ?
Pour ou contre le corps ?
"Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité […]"
disait Baudelaire dans LesFleurs du Mal (1857, "Élévation").
Affranchi des limites physiques, mon esprit peut bien se mouvoir avec agilité. Mais le drame, c'est que mon corps me retient ici et maintenant, ici-bas.
La poésie, la philosophie ont suffisamment montré combien le corps et l'esprit appartiennent à deux réalités qui s'opposent. Baudelaire est certainement le plus grand chantre de la tension engendrée par ce dualisme. Le poète ne peut se remettre de ce double mouvement qui conduit l'homme d'un côté à l'élévation, à l'aspiration aux réalités spirituelles, au sublime, et qui le voit d'autre part alourdi, inexorablement tiré vers le bas par sa condition corporelle, conduit à la déchéance dans la matière avilissante. C'est l'incompréhensible alliance en l'homme de la boue et de l'idéal.
Cette question n'est pas seulement celle des poètes et des philosophes. C'est une question à laquelle chacun de nous est confrontée. Il nous faut opter.
Le corps fait-il oui ou non la guerre à l'esprit ?
La littérature chrétienne (saint Paul, les Pères de l'Église…) a bien expliqué que "la chair" doit être soumise à la vie de l'esprit. Il y a une hiérarchie à respecter : c'est moi qui commande, et non mon corps. Si je vis selon ce qu'il me réclame, c'est la loi de l'intempérance, de la gourmandise, de la luxure… D'où le paradoxe : si mon corps mène la danse, s'il est le chef, alors il se porte atteinte à lui-même.
C'est bien qu'il est autre chose que lui-même.
"Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, […]
Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps."
(1 Co 6, 19- 20)
Le corps humain est noble parce qu'il est en même tempsune réalité spirituelle. C'est ce qu'on s'est appliqué à montrer à plusieurs reprises déjà dans cette rubrique : notre corps nous renseigne sur Dieu et sur la manière dont il a créé le monde.
Du coup, on peut bien dire que le corps n'est pas une matière inerte. Qu'il ne s'oppose pas à la pensée. Au contraire, il est lui-même matière à penser. Dans la contemplation du corps, et de sa signification, il y a de la nourriture pour l'esprit. Avec le regard de la foi, on peut y lire une théologie.
"le corps, et seulement lui, est capable
de rendre visible ce qui est invisible :
le spirituel et le divin.
Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde
le mystère caché en Dieu depuis l’éternité
et en être ainsi le signe."
(Jean Paul II, audience générale du mercredi 20 février 19801)
Jean-Paul II opère ici un renversement audacieux : non seulement le corps ne s'oppose pas à l'esprit, mais – et c'est une provocation pour la pensée philosophique classique – c'est même lui qui offre la clef de lecture de ce qui est spirituel.
Le corps n'est pas une prison pour l'âme. Il est au contraire le révélateur et le moyen d'accès aux réalités spirituelles, dont il est le signe.
Le corps humain ne fait pas la guerre à l'esprit. Il est le point de rencontre où se nouent et ne font qu'un la matière et l'esprit. Pas un simple point de contact, mais un lieu vivant où les deux sont fondus l'un dans l'autre. Il a fallu que Dieu lui-même vienne sur terre pour que nous ayons accès à cette vérité-là.
1 Retrouvez l'intégralité du texte de l'audience en cliquant ici.
Attribué à Giovanni Francesco da Rimini, La Nativité (1425-1450) collections.louvre.fr
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Faites-la connaître en la transférant à vos amies !
Redécouvrons aujourd'hui une œuvre qui pourrait bien nous parler du mystère de ce dimanche : la Sainte Trinité. Voici donc la fugue n°4 en Ut dièse mineur, extraite du Clavier bien tempéré de Bach.
Cette fugueforme une paire avec son prélude d'environ 3 minutes, superbement méditatif. Bien que compris tous deux, prélude et fugue, dans une œuvre sans texte et à usage profane, on y sent l'influence de la polyphonie vocale et de la musique sacrée.
Dans la fugue, triple, l'un des sommets de l'œuvre pour clavier de Bach, trois "sujets" sont successivement introduits et se mêlent admirablement les uns aux autres, chacun ayant pourtant sa personnalité propre, bien distincte des deux autres.
Trois sujets ? On pourrait hasarder : un pour chaque personne de la Trinité. C'est ce qu'en tout cas nous rapporte la tradition…
Ici au piano, le pianiste russe Sviatoslav Richter.
Prélude les trois premières minutes, fugue à partir de 3:10.
Tentez une expérience immersive, à la fois visuelle 👁 et auditive👂, en cliquant sur l'image ci-dessous qui vous donnera accès à la partition. (l'avantage, c'est qu'on visualise les différentes entrées évoquées ci-dessus). Un chef-d'œuvre de dix minutes qui tient sur 4 pages.
Première page de la Fugue en Ut dièse mineur, manuscrit P 401
(Bibliothèque d'État de Berlin, P 401, folio 9b) Source : wikipedia.org
Merci à Denis C. pour cette idée d'œuvre d'art à savourer !
un coup de cœur ❤, un enthousiasme, une émotion 🤩😯💔😢💗💃😍 artistique ?
La semaine prochaine, nous pourrions savourer ensemble votre œuvre d'art 🌟