Chères mamans,
Vous souvenez-vous de cet adage qui vous était proposé dans les premières Lettres ?
"Faisons des œuvres d'art leurs souvenirs d'enfance !"
L'idée est simple : la reine de Neiges, la Pat' Patrouille, les Disney, Barbie, etc., vous n'y échapperez pas vos enfants y ont accès le plus aisément du monde (à moins que nous n'ayez décidé de leur fournir une éducation entièrement sous cloche). Et même si vous avez banni cela de chez vous ("non pardon, mais mes enfants n'écoutent que du Beethoven"), ils en entendent au moins parler par l'école, les copains. Cela ne demande aucun effort à personne : quoi qu'on veuille, ils sont et seront familiers de cette culture – et ainsi parfaitement aptes à se fondre dans le groupe, ce qui est indispensable pour leur développement.
Mais la culture que l'on regarde comme savante, si vous voulez la leur transmettre, alors cela vous demande un effort, certes, mais c'est un immense cadeau que vous leur faites.
Vous direz : il y a bien l'école, non ? Mais l'école ne pourra pas forcément le faire pour eux. Entre autres parce que ce qu'on apprend à l'école, on ne l'aime pas forcément, on le regarde comme quelque chose d'étranger (ou même, qui nous veut du mal : horreur ! un contrôle, une évaluation !). Alors que ce qui vient de la maison, on l'aime d'amour parce qu'on a grandi avec (donc cette maison Barbie gigantesque qui nous rappelle de grands souvenirs, ces cartes Pokemon collectionnées avec passion, etc.).
Pourquoi pas créer dès l'enfance ce même lien affectif avec des œuvres d'art ? On les aime, parce qu'elles ont fait partie de notre enfance. Et en échange, elles nous enrichissent à l'intérieur.
Voici une nouvelle idée de mise en pratique de cet adage. Et si vous leur lisiez un peu la Bible ? Pas la Bible illustrée pour les enfants (avec des pages en carton, du coup une Bible en six pages – ça fait court quand même). Mais la vraie Bible, celle qui fait des milliers de page, celle qu'on lit à la messe.
Il y a notamment dans l'Ancien Testament des livres courts, qui se lisent rapidement, dont l'histoire est prenante et que des enfants peuvent écouter jusqu'au bout. Prenez le livre de Jonas. Génial, Jonas. Dieu lui dit d'aller à Ninive, et Jonas s'en va dans la direction opposée. Déjà ça c'est drôle ! Il prend le bateau : bim, tempête. Ça ne s'arrête pas là : on le jette à la mer, Dieu envoie un poisson pour l'avaler – rien de plus normal, vous savez. Ne sentez-vous pas comme on est là dans l'atmosphère merveilleuse des contes, où le monde est à la fois normal et pourtant si étrange ? Formidable pour l'imaginaire. Et puis après la lecture, la petite leçon de catéchisme est servie sur un plateau.
Vous tentez la chose cette semaine ? 🐟
Joseph Vernet, Jonas et la baleine (1753)
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