Odilon Redon, Bouquet de fleurs (1900-1905) — metmuseum.org
Le coin des mamans
Prendre soin de la maison, c'est spirituel
Chères mamans,
Un gros encouragement aujourd'hui, au milieu d'un mois de juin un peu fou (forcément), pour vous rappeler combien le travail que vous faites en prenant soin de votre maison est chose essentielle et profonde.
Oui, c'est difficile à voir avec les yeux, mais arranger un vase de fleurs, préparer un dîner pour des appétits affamés, ou passer le balai sur le carrelage de la cuisine a autant de valeur que finir n'importe quelle tâche intellectuelle que l'on aurait tendance à tenir pour supérieure. Nous avons souvent du mal à nous en convaincre nous-mêmes. Peut-être parce que c'est moins visiblepour les autres.
C'est sûr que pouvoir dire "je viens de boucler un gros dossier, je me sens plus légère" est plus socialement valorisé que "j'ai fait un grand tri et le ménage dans la chambre du fond, c'était un gros travail dont je suis fière." Entre mères, on peut se le dire, et chacune voit ce que cela veut dire. Mais devant une assemblée d'hommes, ou sur un lieu de travail, ça risque de tomber comme un cheveu sur la soupe.
Pourtant qu'est-ce qu'on se sent bien quand le sol de la cuisine est propre. Un bouquet de fleurs devant la fenêtre réjouit le cœur de tout le monde, habitants de la maison et visiteurs. Le dîner bien chaud qui sent bon dans toute la maison parle de lui-même. Le soin apporté à toutes ces choses apporte une forme de paix et se satisfaction à l'âme : que cela soit soigné nous rend plus agréable, moins tendue, et plus prête à faire notre travail avec entrain. Plus disponible aux autres mêmes.
Il faut le redire, ce qu'il se passe dans la maison est chose importante et profonde. Notre maison est l'endroit où nous nous préparons, avec mari et enfants, pour le ciel. Elle est le reflet de nos combats spirituels, de nos efforts, elle est le lieu où nous vivons la charité jour après jour, et où nous tissons quotidiennement notre relation à Dieu.
Et ce n'est pas rien.
Eva Gonzalès, Bouquet de violettes ( (1877-1878)
metmuseum.org
Qui suis-je ?
Toutes les femmes
Toutes les femmes ne sont pas mères, mais toutes pourraient l'être. C'est dit en gros, sans les mille nuances apportées par la vie, mais voilà tout ce qu'implique au fond la différence sexuelle.
Ce qui distingue les femmes des hommes, ce qui leur est propre, c'est cette possibilité d'être mère inscrite dans leur corps. Et qui, justement, peut faire tant souffrir lorsqu'elle n'est pas actualisée – ou même d'ailleurs, lorsqu'elle l'est.
Les hommes engendrent dans le corps d'une autre ; les femmes enfantent celui qui a d'abord grandi dans leur propre corps. Voilà en dernière instance où se logent différence et complémentarité entre hommes et femmes : mâle et femelle.
Il n'y a au départ rien de plus à aller chercher.
Mâle et femelle ?! Ces mots sonnent vulgaires en français, voire insultants, tant on s'est accoutumé à voir autre chose que la différence corporelle, regardée comme le symbole d'un déterminisme animal que nous considérons avec dédain. Pourtant ces termes sont employés couramment et sans connotation péjorative dans d'autres langues : par exemple en anglais (male, female), ou en italien (maschio, femmina signifient simplement garçon et fille – appliqués à un petit enfant, ces termes peuvent même s'attacher un suffixe affectueux : maschietto, femminuccia).
À croire que la langue française est un peu prude. Qu'elle a du mal à voir la réalité en face. Qu'elle préfère parler d'idéal féminin et de volonté virile plutôt que de considérer que le corps puisse servir de point de départ pour penser quoi que ce soit.
Masi si on regarde en face la réalité – "mâle et femelle il les créa" –, que voit-on ?
Qu'hommes et femmes sont les deux parties qui constituent ensemble l'humanité. Qu'il faut les deux pour que celle-ci soit complète. Et que leur différence permet tout simplement que l'histoire commence, et qu'elle se poursuive. Homme et femme, mâle et femelle, et l'humanité peut vivre dans le temps. Dans la langue de la Bible, l'hébreu, le mot "Histoire" se dit précisément engendrement. L'histoire, ce sont les enfants qui naissent, les générations qui se succèdent les unes aux autres, attachées ensemble comme les maillons successifs d'une chaîne.
Tel est au fond l'unique privilège, à la fois extraordinaire et banal, que possèdent ensemble l'homme et la femme : ensemble, ils peuvent faire que l'histoire ait lieu.
Chaque époque, chaque culture constate le fossé qui existe entre les deux moitiés de l'humanité, faites de la même pâte et pourtant tellement différentes. Et chacune fournit son propre effort pour tenter de les faire se rejoindre. Les cultures sont inventives : combien de lois, écrites ou non, pour régler la question du mariage, de la lignée ; combien de modèles de couples et de familles à travers les siècles et les continents ; combien d'œuvres artistiques pour créer autour de la rencontre entre un homme et une femme une véritable culture amoureuse. À chaque époque se rejoue ce grand saut par-dessus le vide. Pour que de l'union entre les deux moitiés de l'humanité puisse surgir le futur : pour que d'autres femmes et d'autres hommes naissent.
Un homme et une femme ?
C'est en même temps le socle de base et la tension perpétuelle. Le duo éternel, à la fois toujours nouveau, et d'un banal…
Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse
(Guilllaume Apollinaire, "Le pont Mirabeau",
in Alcools, 1913)
Toutes les femmes ne sont pas mères. Pourtant, à cause de l'existence commune et indissociable des hommes et des femmes, la maternité est bien l'apanage de toutes.
Une femme est enceinte, c'est presque anodin ; et c'est unique, totalement nouveau à chaque fois. Ce n'est pas un événement isolé, cela ne la concerne pas qu'elle, ni seulement les autres femmes : cela concerne toute l'humanité. Parce que c'est dans ce ventre, que l'histoire prend forme et se déploie.
Qu'apprenons-nous à bien le considérer ? Que le corps des femmes appelle et contient l'avenir.
Giovanni Francesco Grimaldi, Femme enceinte, regardant deux figures interpellant un homme (milieu du XVIIe siècle ?) collections.louvre.fr
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Faites-la connaître en la transférant à vos amies !
Une déclaration d'amour et une démonstration de son talent. Voilà ce à quoi parvient Raphaël dans le portrait de sa célèbre amante, la "Fornarina" (la fille du boulanger, en dialecte romain).
Celle que l'histoire a identifiée comme Margarita Luti est ici représentée à demi dévêtue, le regard sur le côté, la main retenant un voile transparent qui ne cache pas sa poitrine. Malgré sa nudité, ce qui retient surtout le regard, c'est ici l'expression de son visage, par laquelle sa présence excède ce que le tableau peut nous en dire.
Pour accéder au tableau en grand, et en bonne qualité (et pour le télécharger comme fond d'écran de téléphone, et tenter d'en percer les mystères), cliquez ici.
Raphaël, La Fornarina (1518-1519)
tableau exposé à la Galleria Nazionale d'Arte Antica, palazzo Barberini, à Rome
fr.wikipedia.org – domaine public
Sur quoi porter notre attention, ici ?
Et pour celles qui se disent depuis le début que ce visage si fascinant ne leur est pas tout à fait inconnu, c'est tout à fait juste, puisque c'est aussi celui de la Donna velata (1516).
un coup de cœur ❤, un enthousiasme, une émotion 🤩😯💔😢💗💃😍 artistique ?
La semaine prochaine, nous pourrions savourer ensemble votre œuvre d'art 🌟