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Lettre 4

22 octobre 2023

Le coin des mamans

Le ménage, école de l'âme

Chères mamans, 

Cette semaine, voici une recommandation de lecture sur mesure pour vous ! 

Teresa Dmochowska est née en Pologne en 1902, dans une famille aristocratique polonaise. Elle suit des études de psychologie et se marie. Elle est mère de six enfants. 

Au début des années cinquante, elle fait paraître par fragments dans une revue catholique de courts textes qui se présentent 

comme les éléments du journal spirituel d'une jeune paysanne (dans le contexte du communisme, elle ne peut écrire sous son nom). 

Ses textes sont rassemblés et édités en Pologne en 2016 pour la première fois, traduits et édités en français en 2020. 

L'œuvre est faite de la matière toute simple des journées d'une mère de famille : les enfants dont il faut prendre soin dès le réveil, le souci des repas, l'accaparement continuel, la fatigue du ménage, la grâce du temps qu'il fait, la tendresse de l'amour conjugal…  

Sur chaque chose, l'auteur pose un regard spirituel, profond. En voici un florilège, en guise d'avant-goût : 

   Je me mets à la poursuite de mon grand ennemi à la maison : la saleté. Sans discussion, elle doit partir, et de suite. Pas de négociation avec cet ennemi. 

   Et dans ma vie intérieure quand l'ennemi attaque ma foi, quand il attaque ceux que j'aime ou mes enfants, on ne discute pas, on "prend le balai". […]

   Suis-je aussi exigeante pour mon âme que pour le sol de la maison ou les meubles ? Est-ce que je prends soin d'en enlever la moindre poussière ? Suis-je sensible à la chasteté de mon âme autant qu'à la propreté de ma maison ? 

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 37.

   Je pars avec tout un arsenal de maîtresse de maison, avec des produits divers et variés. Ils vont m'aider à faire ressortir le caractère propre et singulier des matières : de la pierre, du bois, du cuivre, et d'autres. 

   Mon mari, mes enfants ont aussi leur singularité, leur caractère propre, tempérament plus ou moins caché ou poli par l'éducation, la retenue ou l'humeur du moment. Tout comme la pierre, le bois, le métal…

   Suis-je capable de reconnaître un cœur trop sensible avec autant de perspicacité que la matière de mes ustensiles ? Est-ce que j'arrive à voir cette énergie débordante qui s'emporte face à la passivité ou l'impuissance ambiante ? Suis-je capable de reconnaître l'égoïsme bien enraciné ou la révolte d'une nature despotique ? […] 

   Je prie pour avoir les mêmes soins et la même clairvoyance pour rendre visible la beauté des objets que pour reconnaître et rendre plus évidente la nature propre des personnes dans ma maison.

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 38-39

   Que faisons-nous de grandiose jour après jour ? Est-ce une œuvre magnifique que labourer ou semer ? Nettoyer ou faire la lessive ? Que veut dire donner la vie ? Nous ne le voyons pas tout de suite. On n'aperçoit pas grand-chose au jour le jour. 

   Une dizaine d'années sont passées. Regarde les champs avec ces épis bien denses. Notre bétail, comme il a grossi. Et le poulailler de plus en plus imposant. Regarde surtout nos enfants. Quand ils se mettent en rang, on dirait un escalier. Chaque marche de cet escalier est différente, chacun a sa personnalité. 

   Tout cela n'existait pas auparavant et, sans nous, n'existerait pas aujourd'hui. Merci Seigneur d'accomplir de grandes œuvres par nos mains. 

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 85-86

Vous pouvez commander le livre ici. Bonne lecture ! 

Qui suis-je ?

Mon corps comme vocation

[Lettre 3. Nous sommes de petites maisons]

Le drame de notre condition, c'est que nous naissons dans un corps que nous n'avons pas choisi. Grand ou petit. Mince ou gros. Garçon ou fille. 

Des plus petits détails – la longueur de nos cils – aux traits les plus visibles – la couleur de notre peau – en passant par la différence fondamentale qui traverse l'humanité – notre sexe –, nous n'avons rien choisi. 

Nous recevons de Dieu un corps qu'il a fait pour nous. Ce corps, nous pouvons le nourrir, le soigner, le vêtir, le parer, le muscler, l'entraîner, mais nous ne pouvons pas en changer. Nous pouvons le travestir, le contraindre, le soumettre à la chirurgie, mais nous ne pouvons pas en sortir ni radicalement le transformer. 

Petite fille, je grandis dans un corps que je découvre au fur et à mesure, qu'il me plaise ou non. (Quelle est celle d'entre nous qui ne s'est jamais exclamée "quelle horreur" en se regardant dans le miroir ? Qui d'entre nous ne s'est jamais plainte de l'une ou l'autre des singularités de son corps ? Qui n'a jalousé l'une ou l'autre de ces singularités chez d'autres femmes ?) 

Fondamentalement, mon corps ne m'appartient pas, il me précède. Et pour commencer il intègre pour moi, sans que je choisisse a priori, la possibilité que je vive certains événements spécifiques, et qui sont communs à toutes les femmes : je suis soumise au cycle féminin, je peux tomber enceinte, je peux allaiter un bébé. 


"Mon corps m'appartient" : vraiment ? Non, en vérité Quelqu'un a choisi pour moi. Et ce Quelqu'un, redisons-le, c'est Dieu. Le bon Dieu. Mon corps appartient à Dieu. 

Mon corps me dessine une vocation unique, qui exclut d'emblée certaines expériences (réservées aux hommes, ou aux femmes qui portent du 36, à celles qui ont les cheveux roux, etc. – rayez la mention inutile), et qui en inclut d'autres. 

Ma manière d'être au monde, mon histoire personnelle, la façon singulière que j'ai d'entrer en contact avec le monde et les autres par mes cinq sens, tout cela a été choisi, façonné avec amour par le bon Dieu. Mon corps est une parole que Dieu m'adresse. Une parole de bénédiction. Il n'est pas l'obstacle qui me barre la route : il est le sentier que j'emprunte pour aller vers Dieu. 

En bénissant ce corps que Dieu me donne, je peux commencer à faire collaborer ma liberté avec la liberté divine. 

Annonciation du couvent San Marco de Florence, Fra Angelico (1438-1450)

Une œuvre d'art à savourer

Quand Michel Ocelot rencontre la danse

PABLO PARIS SATIE, Michel Ocelot

Connaissez-vous la 3e scène de l'Opéra de Paris ?

C'est une collection de courts-métrages diffusés sur la chaîne YouTube de l'Opéra de Paris, et voulus comme un "lieu d'expérimentation et d'exploration artistique". 

En accès libre, des artistes renommés sont invités à venir y porter un regard légèrement de côté, étonné ou étonnant, sur les deux richesses dont l'Opéra se veut le gardien et le passeur : la musique et la danse. 

Ici, Michel Ocelot (Kirikou, Azur et Asmar) quitte pour la première fois le domaine de l'image animée pour filmer Pablo Legasa, Premier danseur du Ballet de l'Opéra.

À vous de découvrir... 

▶ Voir la vidéo

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Et si vous êtes curieuses d'en savoir plus sur les coulisses de ce court-métrage, c'est par ici. 

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