Paul Cézanne, Pot de primevères et fruits sur une table (v. 1890) — metmuseum.org
Le coin des mamans
Le gris millennial envahit nos intérieurs
Chères mamans,
Savez-vous ce qu'est le "gris millenial" ? 🧐 Sachez que cette couleur est peut-être déjà/très/trop (choisissez la bonne réponse) présente dans vos maisons (ou pas du tout, aussi : auquel cas, vous avez peut-être déjà votre avis sur la question…). 😉
Vous saurez tout sur cette couleur qui habille beaucoup d'intérieurs, en lisant cet article. En espérant qu'il vous aidera à vous faire une idée de ce que vous aimez… ou pas. 👌
Bonne lecture !
photo (c) Lucy Call pour admagazine.fr
Qui suis-je ?
À la limite
Notre corps constitue notre ultime limite.
Pas seulement parce que nous savons que nous allons mourir un jour, et que ce jour-là, c’est notre corps qui nous quittera pour devenir comme une écorce vide, prête à retourner à la terre. Alors même, peut-être, que notre esprit sera infiniment présent.
(Car enfin, qui sait quel jour, à quelle heure je mourrai… ?)
Mais il y a plus proche que l’horizon de la mort, qui se tient, pour la plupart de nous, loin devant, au-delà de l’espace dans lequel nous nous projetons ; au-delà du représentable, de l’imaginable. Au-delà de ce qu'il est possible de prendre en compte pour le présent.
Il y a plus proche que l’approche silencieuse de la mort à chaque instant. Ou plutôt : elle est là, dite d’une autre manière, à chaque instant.
Où cela ?
Dans mon propre corps. Dans ce corps qui est une partie de la Création, vivant avec les autres êtres vivants.
Nous classons le vivant en deux groupes distincts : d'un côté la faune, de l'autre côté la flore. En face des deux, les êtres humains sont là qui observent, trient, classent ces deux catégories d'être vivants en listes compréhensibles.
Cette bipartition nous fait oublier que nous faisons nous-mêmes partie du vivant. La distance qui nous sépare des autres êtres vivants n'est pas aussi lointaine que celle qui va d'une chose à une personne : nous avons plus en commun avec les bêtes qu'avec les objets, aussi "intelligents" soient-ils. La distance de nous au reste du vivant est constituée de la richesse de notre vie intérieure, elle se laisse lire dans la profondeur d'une vie spirituelle, dans la puissance de décision et d'action d'une conscience éclairée. Mais nous sommes, au fond, faits comme les plantes, comme les animaux. Faits par la même main, une parcelle du monde.
Vivants, enfin. Miraculeusement capables de transmettre la vie, sans pouvoir prétendre la posséder.
"On croit que l’homme peut s’en aller droit devant lui. On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. S'il fait un pas de plus, il meurt."
(Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes, 1939)
Nous n’avons pas seulement besoin d’eau, de nourriture, pour vivre : nous sommes nous-mêmes eau. Nous vivons, nous nous développons grâce aux plantes, aux bêtes que nous mangeons : assimilée par notre corps, notre nourriture devient nous-mêmes. Nous sommes ce que nous mangeons. Nous sommes eau, nous sommes animaux, nous sommes plantes.
Rattachés au puits comme par une chaîne, nous ne pouvons pas nous extraire du sol où sont posés nos pieds. Notre corps nous impose des limites. De toutes parts, nous sommes bordés : par une origine, par un certain mode d'être au monde, une certaine dépendance aux autres êtres et aux éléments, un lieu, un moment ; un état de santé, de fatigue, une maladie.
Dans une vie où tout se déroule selon mes plans, où tout semble obéir à ma volonté, où mon action seule semble pouvoir définir qui je suis, mon corps peut être celui qui me dira, en dernière instance : pour l'instant, tu n'iras pas plus loin. Ce que tu voulais faire, tu ne le feras pas, pas tout de suite, pas comme tu y pensais. Ce que tu ne pensais pas vivre, tu apprendras à le connaître, à l'apprivoiser, à l'aimer.
Et alors je découvrirai que la fin de l'efficacité n'est pas la fin de tout.
Dans ce chemin ouvert par la vie du corps – accident, maladie, mais aussi dans son versant lumineux, grossesse, accouchement – ma vie peut accéder à une autre dimension.
Lorsque je me cogne à cette limite corporelle, les mains appuyées douloureusement sur cette porte qui me résiste, lorsque je suis obligée de m'avouer vaincue, lorsque je me vois marcher sur un chemin que je n'avais pas d'abord planifié, organisé, choisi, la possibilité s'ouvre enfin pour moi d'accéder à une vie autre que celle que j'ai vécue jusque-là.
"Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit."
(Jn 12, 24)
Il faut les innombrables deuils que mon corps m'impose pour que je passe de l'efficacité à la fécondité.
Vincent Van Gogh, Champ de blé derrière l'hospice Saint-Paul avec un faucheur (1889)
vangoghmuseum.nl
Vous aimez 💘 la lettre Entre toutes les femmes ?
Faites-la connaître en la transférant à vos amies !
Nos yeux s'ouvrent en grand aujourd'hui pour apprécier une œuvre emblématique de l'impressionnisme français : Le Pont-Neuf, de Renoir. (À télécharger ICI pour le voir de près dans ses moindres détails, et en faire votre fond d'écran de la semaine.)
Il se dégage de ce tableau une atmosphère bien joyeuse et pleine de vivacité. On y voit au premier coup d'œil la prépondérance de la couleur sur le dessin : Renoir, qui commence à emprunter la voie de l'impressionnisme, pose ici les silhouettes et les formes surtout par touches, par traces colorées, et se laisse guider par la lumière, qui règne ici avec splendeur et gaieté, pour rendre l'éclat et l'agréable fraîcheur d'un matin d'été.
L'histoire raconte que pour mieux saisir ce tableau "sur le vif", Renoir aurait installé chevalets et pinceaux depuis un café surplombant la Seine. Son frère Edmond (représenté avec canne et canotier, au premier plan) étant chargé d'entrer en discussion avec les passants pour ralentir leur marche (en leur demandant l'heure, ou un petit renseignement) – le temps pour le peintre de poser leurs silhouettes sur la toile…
Voilà ce qui s'appelle faire coïncider l'art et la vie.
Ce n'est pas fini, car voici le clou du spectacle : vous trouverez à ce lien une impressionnante animation 3D de ce tableau, faite en collaboration avec le National Gallery of Art( Washington), qui détient l'œuvre.
Une véritable (et fascinante) plongée dans l'œuvre !
Merci à Célia D. pour cette idée d'œuvre d'art à savourer !
un coup de cœur ❤, un enthousiasme, une émotion 🤩😯💔😢💗💃😍 artistique ?
La semaine prochaine, nous pourrions savourer ensemble votre œuvre d'art 🌟