Edgar Maxence, Fleurs des champs (vers 1950) — musee-orsay.fr
Le coin des mamans
La maternité, apothéose de la féminité
Chères mamans,
Vous trouverez à ce lien un petit article au titre éloquent : "La maternité, apothéose de la féminité". Son intérêt réside surtout dans la présentation de deux ouvrages parus récemment sur le thème, qui font l'éloge de la maternité (ou plus simplement, du fait d'avoir des enfants), à une époque où cela n'est plus une évidence.
Les deux livres en question sont Naître ou le néant, de Marianne Durano (Desclée de Brouwer) et L'enfant est l'avenir de l'homme, d'Aziliz Le Corre (Albin Michel) à retrouver respectivement ICI et LÀ.
Les avez-vous lus, ou l'un des deux ? Et si oui, qu'en avez-vous pensé ?
Seriez-vous prête à nous en proposer un court résumé, ou bien simplement à partager vos impressions de lecture ? :)
"[…] l’enfantement porte la société à mesurer que donner la vie offre de découvrir qu’on peut vouloir donner sa vie pour quelque chose qui nous dépasse, quelque chose de plus grand que soi — en l’occurrence plus petit — et que c’est là le plus grand amour qui soit."
Mary Cassatt, Maternal Caress (1896)
philamuseum.org
Qui suis-je ?
La vieillesse est-elle un naufrage ?
Il est difficile de vieillir. Difficile de se voir vieillir.
Dire que ce corps d'adulte, qui s'est révélé à moi petit à petit, avec ses forces et ses faiblesses, ses charmes et ses particularités, est changeant. Comment comprendre qu'après m'avoir étonné par sa beauté, par sa puissance, qu'après m'avoir ouvert les portes de l'âge adulte, après m'avoir fait vivre la pleine santé, la force physique, comment comprendre donc qu'il se dérobe à moi, qu'il puisse me quitter petit à petit, après toutes les promesses qu'il m'a faites ?
Qui saura dire la fierté et la joie de l'adolescent qui sent son corps lui répondre maintenant mieux qu'avant. Lui qui, plus grand, plus fort, peut désormais voir plus loin, tenir plus longtemps dans l'effort, exceller à ce qui est difficile. Ce qui était hors d'atteinte est soudain à portée de main. Il exulte : son corps attire et séduit.
Et ce corps-là, ce tout nouveau corps adulte, pas plus que son corps d'enfant, n'est pourtant éternel ! Il passe ; c'est un moment. Comment ne pas se sentir trahi par ce corps qui nous fait défaut après nous avoir porté à des sommets que parfois, nous n'imaginions pas ?
Si l'on s'identifie à la jeunesse, qu'est-on lorsque l'on vieillit ? Que reste-t-il de nous lorsque nous nous échappons à nous-mêmes petit à petit ?
Il faut le redire à qui craint de vieillir, à qui veut retenir à tout prix l'offrande des premières années de la vie, à qui ne veut pas savoir ce qu'il y a après l'éclat de la jeunesse : la vieillesse ne nous reprendra pas tout.
La vieillesse ne saurait être considérée comme un naufrage : comment la vivrions-nous alors autrement que dans la honte et l'angoisse ? C'est pourtant bien notre vie qu'il faut vivre ! Habituons-nous dès maintenant à la voir comme un aboutissement, un point d'arrivée ; comme la fin du voyage : une arrivée à bon port.
La vie n'est pas pingre ; elle ne reprend pas sans offrir à nouveau. La vieillesse a elle aussi ses dons à faire. Sa part de consolation à apporter.
En arrivant, elle commence par nous offrir une période de calme avant le grand âge, cet âge mûr où l'on apprend déjà le détachement, tout en n'étant pas encore complètement retiré dans la contemplation. C'est le temps de l'apaisement, après le tourbillon des premiers choix, des grands dilemmes ; après déjà les épreuves traversées. On n'a plus vingt ans, ni trente, ni quarante, on a été confronté à la souffrance suffisamment, qu'elle ait été grande ou petite, et on l'a surmontée.
Le temps nous a accoutumé à ce qu'il y ait de la peine, des chagrins, de la souffrance, de la violence, et à ce que ce ne soit pas là le dernier mot de tout. Parce qu'on connaît la violence des assauts de l'extérieur, on sait le prix de la vie à l'intérieur, celle des actes mille fois répétés, pleins de l'amour simple de l'existence. On sait la valeur rassurante d'une tasse de thé bue quand il fait froid dehors, la sérénité après le ménage fait, la vaisselle rangée, ou les feuilles mortes ramassées dans le jardin.
L'âge nous a appris que tout dans la vie n'est pas le résultat d'un choix. Et alors, c'est à notre tour d'écouter, de conseiller, d'assister ceux qui en sont à l'heure des grands questionnements, des intenses émotions. Lorsque nous serons passés de l'autre côté, que l'on ne dira plus de nous "voilà un jeune homme, une jeune femme", c'est le moment où notre expérience pourra parler.
La vieillesse est aussi le moment de l'apaisement envers soi-même. Plus d'illusions, on connaît ses forces et ses faiblesses. On se place moins au centre des choses, on se voit avec plus de justesse, juste à sa place. Nous voilà plus tranquille, plus libre, libéré du qu'en dira-t-on, moins encombré de ce qu'en penseront les autres, plus apte à nous mettre simplement à leur service.
La vieillesse avançant, nous devenons les gardiens du temps. Nous avons vu naître, puis grandir et s'établir une nouvelle génération. Nous connaissons la succession des visages de celui que nous avons vu naître – et quelle différence, du visage de l'enfant à celui de l'adolescent, puis de l'adulte ; à tel point que, sur les photos, ceux qui ne l'ont pas connu à cet âge-là se demandent s'il s'agit bien de la même personne. Mais nous sourions : nous le savons bien, nous qui avons vécu. Et nous savons les efforts qu'il faut pour en arriver là. Nous sommes lestés d'un nouveau savoir sur la vie. La vie se montre à nous sous un jour neuf, elle nous découvre un nouveau pan de ce qu'elle est ; à la fois si banale, et miraculeuse à chaque fois.
La vieillesse est aussi le temps des regrets : n'aurais-je pas dû agir autrement, choisir autre chose… ? C'est le temps de reconnaître comme siennes ses propres limites, qui ne sont pas honteuses. Le temps n'est plus devant, mais il n'est pas uniquement derrière. Il reste à vivre, à donner et à recevoir.
La vieillesse est le chemin par où nous passerons, qui nous comblera de ses présents particuliers, amers et doux. Si nous voulons bien la traverser sans la mépriser, la combattre ou l'ignorer, elle nous fera don de ce que nous ne pouvons atteindre sans elle : de la sagesse.
Hans Memling, Portrait d'un homme âgé (vers 1475)
metmuseum.org
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Deuxième mouvement du Concerto en sol de Maurice Ravel (1932),
par Martha Argerich
Composé entre 1929 et 1931, le Concerto en sol est l'avant-dernière œuvre achevée par Ravel. Créé à la salle Pleyel le 14 janvier 1932, il connut un succès immédiat.
Aujourd'hui, on écoute le deuxième mouvement, Adagio assai, de ce chef-d'œuvre de la musique orchestrale du XXe siècle.
Et aussi : à la minute 14:00, le coup d'œil vers le chef et l'orchestre, hyper concentré, quasi sévère, de Martha Argerich qui se prépare à sa partie – ces notes qui tombent légères mais un peu inconfortables, en cascade, de l'aigu. Et son sourire à 17:17.
PS. Évidemment, le concerto en entier vaut plus que le détour :)
Vous y entendrez l'influence du jazz, et même, très distincts, les bruits de la ville moderne (voitures, klaxons, mouvement, vitesse) au début du troisième mouvement.
Bonne écoute !
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La semaine prochaine, nous pourrions savourer ensemble votre œuvre d'art 🌟