Adriaen Collaert, Fleurs diverses (1570) — rijksmuseum.org
Le coin des mamans
La théorie du n moins 1
Chères mamans,
Êtes-vous familières de la théorie du n -1 ? Derrière ce sigle énigmatique, une vérité fondamentale éprouvée par la plupart d'entre nous : qu'est-ce que les choses s'allègent quand on est déchargé d'un seul enfant, que ce soit pour une heure, pour une journée ou un weekend !
L'extraordinaire de cette théorie, c'est que peu importe le nombre de départ : qu'on ait cinq, huit ou deux enfants, en ôter un seul nous fait éprouver un sentiment de facilité et de légèreté incroyables. Tout semble plus simple, et nous-mêmes nous nous trouvons parfaitement rodées, organisées, heureuses de pouvoir accorder différemment notre attention à ceux qui sont présents.
Voilà : cette courte note pour vous encourager à être attentives aux bienfaits pour vous et votre famille de ces petits moments où vous éprouvez votre vie de famille à n -1. Parce que ça va parfois encore mieux quand on en est averti !
Frederick George Cotman, Un de la famille (1880)
liverpoolmuseum.co.uk
Qui suis-je ?
Plus loin plus proche
On l'a déjà dit maintes fois : mon corps est un corps étranger.
J'aurai toujours un pas à faire vers lui, alors qu'il est là, devant moi, autour de moi, en moi – alors que c'est moi. C'est la distinction classique de la philosophie : j'ai un corps, certes ; mais aussi, je suis mon corps. "J'ai" des pieds, soit. Mais c'est bien moi qui ai mal quand on me marche sur le pied. Ce qui touche mon corps ne peut pas m'épargner.
Le comble de notre condition, c'est qu'existera jusqu'à la fin de notre vie cet effort à fournir pour penser notre propre corps, alors qu'il est notre plus proche compagnon. La conscience sent bien qu'elle est à l'intérieur d'un corps, mais elle ne sait finalement de lui que peu de choses. Voire, sur certains sujets, à peu près rien. Pensons simplement combien sont récentes les découvertes, les apprentissages de la science moderne sur l'anatomie, la physiologie, les pathologies… Et combien est immense l'étendue de notre ignorance sur le sujet : car la science encore ne nous explique pas tout.
L'expérience que nous faisons tous, c'est que ma conscience ne peut se représenter qu'il y a identité entre mon corps et moi. Elle sent trop bien que par rapport à elle, qui se joue du temps et de l'espace, le corps vient de la nature, combien il est né de celle-ci. Pour la conscience humaine, le corps humain est un monde inconnu. Terra incognita.
Cette étrangeté, les femmes l'éprouvent à chaque instant de leur vie. Leur corps se rappelle à elle dans son étrangeté par son propre fonctionnement en tant que corps de femme. Il s'agit toute sa vie de vivre au rythme de son corps : cycle menstruel, grossesse, accouchement, ménopause. Les femmes ont à chaque instant à se confronter à cette extériorité qui constitue leur intimité.
Et c'est là que s'opère le renversement : conviées plus que les hommes à s'accorder au rythme de leur corps, elles sont destinées à en explorer de plus près le mystère. À devenir familières de cette étrangeté.
Paradoxalement : c'est parce que le corps des femmes est un monde étranger pour la conscience humaine, qu'il s'interpose plus que celui des hommes entre elles et le monde, qu'elles le reconnaissent, pour elles et pour l'humanité, comme un lieu familier.
Jacob Van Loo, Étude de femme à demi dévêtue (1650)
collections.louvre.fr
Vous aimez 💘 la lettre Entre toutes les femmes ?
Faites-la connaître en la transférant à vos amies !
Des enregistrements des années 70 et 80 de chansons de George Harrison, le plus jeune des Beatles, publiés de manière posthume : voilà la matière de l'album Early Takes paru en 2012.
Vous découvrirez ci-dessous All Things Must Pass, une balade écrite en 1970, que les Beatles n'avaient pas retenue pour l'album Let It Be (mai 1970), et qui parut en novembre de la même année, après la séparation du groupe, sur le troisième album solo de Harrison au titre éponyme.
On y reconnaît bien la patte Harrison : une mélodie sans apprêts, un air à la structure simple (couplet, refrain) et une exécution pudique : guitare et voix ici, sans autre accompagnement, puisqu'il s'agit d'enregistrements préparatoires (de "maquettes" comme on dit dans le jargon).
Et puis, des paroles à la portée modestement philosophique. "All things must pass, […] it's not always going to be be this grey" : "tout passe, la grisaille se dissipera" – tout passe, même les plus grands chagrins.
Une chanson de consolation en somme, pour les petits coups de mous ou les gros coup de blues.