Chères mamans,
Aujourd'hui voici un cadeau tout spécial pour vous… et vos maris. 😊
Le texte suivant vous parlera d'eux, il leur parlera d'eux. Vous pourrez en profiter pour leur faire lire cette lettre, sans avoir à chercher d'alibi : ce texte leur est destiné ! 😉 Et que cela vous offre d'intéressants échanges à deux sur votre rôle de parents.
Chers papas, n'ayez donc aujourd'hui aucun scrupule à regarder par-dessus l'épaule de votre épouse : au contraire, bienvenue et bonne lecture, messieurs. 👇
C’est commettre la plus grosse erreur, l’erreur la plus stupide et la plus grossière que de croire […] que la vie de famille, parce qu’elle est une vie retirée, est aussi une vie retirée du monde. […] La vie de famille est au contraire la vie la plus engagée dans le monde […]. Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille.
Les autres […] ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui. Tout dans le monde moderne […] est organisé contre […] l’homme qui a cette audace, avoir femme et enfants, contre l’homme qui ose fonder une famille. […]
Lui seul est littéralement engagé dans le monde, […] lui seul […] court une aventure. Car les autres, au maximum, n’y sont engagés que de la tête, ce qui n’est rien. Lui au contraire il y est engagé de tous ses membres. […] Les autres ne souffrent qu’eux-mêmes. […] Lui seul il souffre d’autres. […] Il en fait souffrir d’autres, il en est responsable. […] Qu’importe aux autres […] les guerres civiles et les guerres étrangères, l’avenir d’une société, l’événement de la cité […]. Ils n’y risquent […] rien. Lui au contraire il n’est pas seulement engagé de toutes parts dans la cité présente. Par cette famille, par sa race, par sa descendance, par ces enfants il est engagé de toutes parts dans la cité future […].
Ainsi rien ne leur est indifférent. […] Ils souffrent de tout. Ils souffrent de partout. […] Celui qui n’a pas eu un enfant malade ne sait pas ce que c’est que la maladie. Celui qui n’a pas perdu un enfant […], celui qui n’a pas vu son enfant mort ne sait pas ce que c’est que le deuil. Et il ne sait pas ce que c’est que la mort.
Charles Péguy, extrait de Véronique, dialogue de l'histoire et de l'âme chrétienne (1909)
Anonyme, Portrait d'un couple (1600-1610)