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Lettre 8

19 novembre 2023

Le coin des mamans

Initier nos enfants à l'année liturgique

Chères mamans, 

Dimanche prochain nous fêterons la Solennité du Christ Roi de l'univers, qui sonne la fin de l'année liturgique. L'entrée dans l'Avent marquera le début d'une nouvelle année. Le premier dimanche de l'Avent est un peu notre premier janvier à nous. 

Nos enfants apprennent vite à reconnaître l'atmosphère particulière de la rentrée, ce début d'année scolaire qui apporte avec lui la joie des fournitures neuves, la nostalgie des vacances d'été, les nouvelles rencontres en même temps que les flaques d'eau et les premières feuilles mortes. 

Ils connaissent aussi les préparatifs du 31 décembre, les cotillons, le compte à rebours, les vœux, les retrouvailles en famille, les repas interminables et le froid vif du 1e janvier. 

Entre ces deux moments, n'oublions pas de les initier à un autre début d'année, qui commence plus discrètement, plus doucement, au cœur de nos maisons et dans le chœur de nos églises. 

Le début de l'année liturgique est un temps d'attente joyeuse. Tous les ans, l'Eglise dans sa grande sagesse nous enseigne l'attente. Nous nous préparons à la venue du Christ petit enfant à Noël. Nous nous préparons en même temps à sa venue dans la gloire. C'est l'entrée dans l'hiver, où toute la nature entre en repos : c'est un temps privilégié pour initier nos enfants à l'intériorité. 

Quelques idées pratiques :)

Qui suis-je ?

Femme libérée

[Lettre 7. Notre beauté est un signe]

Comment expliquer que ce que Dieu offre comme une grâce devienne une occasion de chute ? 

Comment expliquer que ce qui est notre signe distinctif – ce corps à la fois superbe et vulnérable, qui ouvre à la possibilité d'un autre que soi, ce corps qui, dans son existence même, est la plus belle réfutation de l'individualisme – comment expliquer qu'il soit si souvent vécu comme un obstacle entre nous et les autres ?

Comment se peut-il que d'autres, en le voyant, en viennent à oublier qu'il révèle une personne, et qu'il n'est pas un objet ?

Comment se fait-il que puisse sévir un si grand malentendu sur la signification de mon propre corps ? 

Il n'est pas besoin d'aller bien loin dans l'espace ni dans le temps pour constater que ce malentendu sait même prendre la forme d'une culture, qui soumet les femmes, les tient dans la dépendance des hommes, ou les élève comme le "sexe faible", parce qu'elles seraient des êtres moins parfaits et achevés que les hommes. 

Il nous faut reconnaître une chose : la domination masculine existe. Elle est un fait. 

Or la Bible en parle : pas seulement dans des récits puissants, comme celui de Suzanne au livre de Daniel. 

Elle en parle dès le début, dès la Genèse, pour en dire une chose – époustouflante pour un texte écrit dans l'Antiquité : c'est cela existe bel et bien, mais comme quelque chose qui n'a pas été voulu par le Dieu Créateur. 

La domination masculine, l'asservissement de la femme est une conséquence tragique de la Chute. 

"Dans la peine tu enfanteras des fils.

Ton désir te portera vers ton mari,

et lui dominera sur toi."

(Gn 3, 16) 

Le péché introduit un ordre contraire à celui qui a été voulu par Dieu. Si l'asservissement des femmes est une conséquence du péché, c'est qu'à l'origine, dans le dessein de Dieu, la femme tient une place particulière : elle est première dans l'ordre de la grâce. C'est elle au contraire qui était destinée à être le guide. 

Autrement dit, pourquoi cette domination est-elle tragique ? Parce que lorsqu'elle est dominée, la femme tombe de plus haut. 

Dans le régime de la grâce, les caractéristiques du corps féminin et leur signification sont une bénédiction : le corps d'une femme participe à l'avènement d'un autre dans le don et dans la relation, il est protection et service. 

Dans le régime du péché, ce corps est vu comme une honte ou une malédiction, qui voue les femmes à la dépendance à l'autre, et les empêche de s'accomplir pour elles-mêmes. 

La bonne nouvelle, c'est qu'on ne peut échapper à ce qui est une conséquence du péché que par un acte de rédemption. 

Le problème de l'égalité des sexes ne se résume pas à un combat politique, il ne se résout pas dans une lutte sociale, mais se vit dans la restauration de la relation personnelle au Dieu Sauveur. 

La seule véritable libération de la femme, c'est le Christ qui l'opère. Intégralement, entièrement. 

Fra Angelico, Noli me tangere (1438-1440)

Une œuvre d'art à savourer

Va pensiero, sull'ali dorate

"Va pensiero", extrait de Nabucco de Verdi (1842)

Aujourd'hui deux versions d'une même œuvre, ou plutôt d'un extrait d'une œuvre : le célébrissime "Va pensiero" de Verdi, créé en 1842 à la Scala de Milan. 

Dans ce chœur, les Hébreux esclaves en exil à Babylone chantent leur pays perdu. C'est sans doute l'un des airs les plus évocateurs de la nostalgie du pays perdu. 

La première version ici proposée a été captée au Metropolitan Opera de New York en 2002. Elle est particulièrement émouvante ; les visages des chanteurs parlent d'eux-mêmes. En voici une partie du texte (le livret pour cette aria est inspiré du psaume 137) : 

Va, pensiero, sull'ali dorate;
va, ti posa sui clivi, sui colli,
ove olezzano tepide e molli
l'aure dolci del suolo natal! […]

Oh mia patria sì bella e perduta!
Oh membranza sì cara e fatal!

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal ! […]

Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

▶ Voir la vidéo

La seconde version vous fera en fait entendre cet air… deux fois. 😊

Il s'agit de la captation d'une représentation de Nabucco ayant eu lieu 12 mars 2011 à l'Opéra de Rome, à l'occasion des 150 ans de l'Unification italienne. La représentation s'était tenue en présence du président du Conseil Silvio Berlusconi, et des membres de son gouvernement. L'orchestre était dirigé par le chef napolitain Riccardo Muti. 

Vous pourrez y mesurer combien la musique n'a rien perdu de sa portée politique dans la culture italienne… 

▶ Voir la vidéo

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