Chères mamans, 

Aujourd'hui c'est la Pentecôte. On nous dit de l'Esprit qu'il est Seigneur, qu'il donne la vie. C'est lui qui "renouvelle la face de la terre" et par qui Dieu fait "toute chose nouvelle". 

N'avez-vous jamais eu le sentiment de vivre en décalage avec notre époque ? De faire partie d'un monde ancien, voué à disparaître ? C'est ce que l'on nous dit en tout cas. Le monde de demain a évacué Dieu, et il ne nous reste plus qu'à apparaître comme affreusement vieux-jeu, coincés dans la nostalgie d'un monde disparu. 

Nous savons bien, en élevant nos enfants, combien le fossé est grand entre le monde et nous. Combien souvent même ce fossé nous fait-il peur pour eux : dans quel monde les menons-nous ! Quelles épreuves les attendent ! Nous craignons pour leur innocence, pour leur foi. Et nous rêvons peut-être à une époque idéalisée, où il n'était pas si bizarre d'être chrétien, pas si bizarre d'élever ses enfants dans la certitude de l'existence et de l'amour de Dieu. 

Les mères chrétiennes dans la Rome païenne avaient les mêmes craintes, elles qui élevaient leurs enfants dans un temps de persécutions, en un temps où l'empire finissant offrait le spectacle d'un polythéisme athée, des orgies, de l'esclavage. Qui aurait pu les désigner comme "réactionnaires", c'est mères qui cherchaient à préserver l'innocence de leurs enfants, qui voulaient leur enseigner à consacrer leur vie pour défendre ce qui est vrai, ce qui beau, ce qui est bon ? Personne ne pouvait leur dire qu'elles appartenaient au passé : le christianisme, c'était nouveau ; la chrétienté n'était pas derrière elles, mais devant.

Il faut que nous comprenions qu'aujourd'hui encore, le christianisme, c'est ce qui est entièrement nouveau. Tout nouveau, entièrement neuf, jamais encore advenu.

Ce qui est vraiment neuf, seul Dieu peut l'apporter au monde. Comment ? Par le don de l'Esprit saint, lui "qui est seigneur et qui donne la vie". Lui qui "renouvelle la face de la terre".  

Si nous vivons de la vie de Dieu, nous ne courons pas le risque de vivre dans le passé : nous aurons les forces nécessaires pour affronter le temps présent, et même pour y apporter ce qui n'a jamais existé. 

Charles Le Brun, La Descente du Saint-Esprit (1635-1636)

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