[Lettre 25 : le péché met à mal la relation même entre l'homme et la femme]
Quelles conclusions tirer de notre parcours de plusieurs semaines avec le texte biblique ?
D'abord, on remarquera que, pour un récit antique de création du monde, l'approche est originale. Bien souvent, ce genre de texte littéraire permet de justifier les relations de pouvoir qui existent dans la société qui les produit. Il serait donc logique que le texte de la Genèse lui aussi tente de justifier la prédominance masculine. Or nous voyons qu'il n'en est rien.
Bien au contraire, le deuxième chapitre de la Genèse montre que la volonté de Dieu n'est pas ce que la réalité historique ou contemporaine met sous nos yeux.
Le texte fait apparaître de manière fugace ce qu'est le projet de Dieu pour l'homme et la femme. Le récit de la création de l'homme et de la femme, prolongé jusqu'à la chute, nous montre la vie conjugale dans sa dimension spirituelle, depuis l'épreuve du manque et de la solitude jusqu'aux épreuves et à la mort, en passant par l'émerveillement devant l'autre et l'engagement commun.
Dieu, qui amène la femme à l'homme, fait d'elle un révélateur pour l'homme : un révélateur de sa dimension sexuée d'abord, et ensuite de sa capacité à entrer en relation avec l'autre, chemin de la relation à Dieu.
C'est parce que la relation homme-femme était dotée par Dieu d'une telle puissance qu'elle est dans l'humanité d'après la chute le lieu de si grandes souffrances.
C'est aussi pourquoi le Christ a bâti la relation à son Église sur le mode de la conjugalité : la relation homme-femme, régénérée par la grâce, reste le chemin où l'humanité est appelée à trouver Dieu.
Merci à Cécile Margelidon, Servane Rayne et au p. Florent Urfels pour leur travail sur le texte biblique, dont cette lettre s'inspire.
Marc Chagall, Adam et Ève chassés du paradis (détail, 1958)
Source : https://www.boutiquesdemusees.fr