"Chanson d'automne", in Poèmes saturniens, Paul Verlaine (1866)

Aujourd'hui je vous propose de goûter deux œuvres d'art en une

D'abord, un poème plus que fameux de Paul Verlaine, que vous (ou vos enfants) avez peut-être sûrement appris à l'école. 

Le voici. Vous y goûterez l'art délicat propre à Verlaine du rythme du vers : le vers est court (seulement quatre syllabes), et l'on y sent comme un balancement qui ressemble à un soupir, les accents d'une voix serrée par les larmes. 

Le vers ne peut s'étendre, il est étranglé, entravé par l'émotion, et comme las, fatigué, il n'a pas la force d'aller plus loin. Il ne peut plus que mimer, dans les trois derniers vers, le mouvement sans vie de la feuille qui tombe. 

"Chanson d'automne"

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens, 1866

Vous savez peut-être que ce poème a été mis en musique par Léo Ferré en 1964. Ferré y marie les sonorités du jazz avec les accents de tristesse lasse du poème. Pour une toute autre atmosphère 🌟

▶ Voir la vidéo

On est d'accord, ce n'est plus le même poème ?