Chères mamans, 

L'arrivée des enfants dans nos vie nous fait entrer dans un monde de contrariétés

C'est un sujet d'indignation de chaque jour : les enfants qui nous arrivent nous empêchent bien souvent de mener à bien les propres tâches que nous sommes forcées à faire à cause de ou pour eux. Ça vraiment c'est la meilleure. 

Exemple. Impossible de préparer le repas des enfants AVEC les enfants autour de nous, alors qu'ils meurent de faim. (Ou du moins, la tâche est rendue ô combien plus difficile.)

Ou bien. Ils gigotent et se tournent dans tous les sens AU MOMENT OÙ nous leur changeons la couche. Alors que nous leur rendons service. 

Ils s'enfuient quand nous voulons les aider à se moucher. Ils refusent de prendre le médicament dont ils ont besoin pour guérir (et qu'ils nous ont réclamé, d'ailleurs). Ils refusent de dormir alors qu'ils tombent de sommeil. (Liste non exhaustive.)

Ils sont en général ingérables précisément là où ils ont besoin de notre intervention

La matière de notre travail de maman est récalcitrante. Elle nous résiste. 

C'est comme cela : sur notre lieu de travail, le problème que nous avons à régler se retourne rarement contre nous pour nous empêcher de le régler (au contraire, nos collègues peuvent même nous remercier d'avoir résolu telle équation difficile). À la maison, pas de reconnaissance : c'est le règne de la contradiction

Ça va mieux une fois qu'on le sait : la contrariété – c'est-à-dire que les choses marchent en sens contraire de nous – c'est le job

Ça ne la supprime pas, mais au moins nous voilà prévenues : n'ayons pas peur de plonger dans le monde de la contrariété. Si les choses (et les enfants) nous résistent, ce n'est pas une erreur de casting, ce n'est pas parce que nous sommes de mauvaises mères. C'est justement parce que nous sommes en plein dans le sujet

Au lieu nous révolter contre le fait, ou de nous en prendre à nous-mêmes ("je ne sais pas gérer"), rions-en donc ! La confrontation quotidienne avec la contrariété nous rend plus sages. 

Oscar Björck, Dans la nursery (1889)
© Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Crépy