"Va pensiero", extrait de Nabucco de Verdi (1842)
Aujourd'hui deux versions d'une même œuvre, ou plutôt d'un extrait d'une œuvre : le célébrissime "Va pensiero" de Verdi, créé en 1842 à la Scala de Milan.
Dans ce chœur, les Hébreux esclaves en exil à Babylone chantent leur pays perdu. C'est sans doute l'un des airs les plus évocateurs de la nostalgie du pays perdu.
La première version ici proposée a été captée au Metropolitan Opera de New York en 2002. Elle est particulièrement émouvante ; les visages des chanteurs parlent d'eux-mêmes. En voici une partie du texte (le livret pour cette aria est inspiré du psaume 137) :
Va, pensiero, sull'ali dorate;
va, ti posa sui clivi, sui colli,
ove olezzano tepide e molli
l'aure dolci del suolo natal! […]
Oh mia patria sì bella e perduta!
Oh membranza sì cara e fatal!
Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal ! […]
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !
La seconde version vous fera en fait entendre cet air… deux fois. 😊
Il s'agit de la captation d'une représentation de Nabucco ayant eu lieu 12 mars 2011 à l'Opéra de Rome, à l'occasion des 150 ans de l'Unification italienne. La représentation s'était tenue en présence du président du Conseil Silvio Berlusconi, et des membres de son gouvernement. L'orchestre était dirigé par le chef napolitain Riccardo Muti.
Vous pourrez y mesurer combien la musique n'a rien perdu de sa portée politique dans la culture italienne…