Chères mamans, 

Cette semaine, voici une recommandation de lecture sur mesure pour vous ! 

Teresa Dmochowska est née en Pologne en 1902, dans une famille aristocratique polonaise. Elle suit des études de psychologie et se marie. Elle est mère de six enfants

Au début des années cinquante, elle fait paraître par fragments dans une revue catholique de courts textes qui se présentent 

comme les éléments du journal spirituel d'une jeune paysanne (dans le contexte du communisme, elle ne peut écrire sous son nom). 

Ses textes sont rassemblés et édités en Pologne en 2016 pour la première fois, traduits et édités en français en 2020. 

L'œuvre est faite de la matière toute simple des journées d'une mère de famille : les enfants dont il faut prendre soin dès le réveil, le souci des repas, l'accaparement continuel, la fatigue du ménage, la grâce du temps qu'il fait, la tendresse de l'amour conjugal…  

Sur chaque chose, l'auteur pose un regard spirituel, profond. En voici un florilège, en guise d'avant-goût : 

   Je me mets à la poursuite de mon grand ennemi à la maison : la saleté. Sans discussion, elle doit partir, et de suite. Pas de négociation avec cet ennemi. 

   Et dans ma vie intérieure quand l'ennemi attaque ma foi, quand il attaque ceux que j'aime ou mes enfants, on ne discute pas, on "prend le balai". […]

   Suis-je aussi exigeante pour mon âme que pour le sol de la maison ou les meubles ? Est-ce que je prends soin d'en enlever la moindre poussière ? Suis-je sensible à la chasteté de mon âme autant qu'à la propreté de ma maison ? 

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 37.

   Je pars avec tout un arsenal de maîtresse de maison, avec des produits divers et variés. Ils vont m'aider à faire ressortir le caractère propre et singulier des matières : de la pierre, du bois, du cuivre, et d'autres. 

   Mon mari, mes enfants ont aussi leur singularité, leur caractère propre, tempérament plus ou moins caché ou poli par l'éducation, la retenue ou l'humeur du moment. Tout comme la pierre, le bois, le métal…

   Suis-je capable de reconnaître un cœur trop sensible avec autant de perspicacité que la matière de mes ustensiles ? Est-ce que j'arrive à voir cette énergie débordante qui s'emporte face à la passivité ou l'impuissance ambiante ? Suis-je capable de reconnaître l'égoïsme bien enraciné ou la révolte d'une nature despotique ? […] 

   Je prie pour avoir les mêmes soins et la même clairvoyance pour rendre visible la beauté des objets que pour reconnaître et rendre plus évidente la nature propre des personnes dans ma maison.

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 38-39

   Que faisons-nous de grandiose jour après jour ? Est-ce une œuvre magnifique que labourer ou semer ? Nettoyer ou faire la lessive ? Que veut dire donner la vie ? Nous ne le voyons pas tout de suite. On n'aperçoit pas grand-chose au jour le jour. 

   Une dizaine d'années sont passées. Regarde les champs avec ces épis bien denses. Notre bétail, comme il a grossi. Et le poulailler de plus en plus imposant. Regarde surtout nos enfants. Quand ils se mettent en rang, on dirait un escalier. Chaque marche de cet escalier est différente, chacun a sa personnalité. 

   Tout cela n'existait pas auparavant et, sans nous, n'existerait pas aujourd'hui. Merci Seigneur d'accomplir de grandes œuvres par nos mains. 

Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel, p. 85-86

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