Chères mamans,
Un gros encouragement aujourd'hui, au milieu d'un mois de juin un peu fou (forcément), pour vous rappeler combien le travail que vous faites en prenant soin de votre maison est chose essentielle et profonde.
Oui, c'est difficile à voir avec les yeux, mais arranger un vase de fleurs, préparer un dîner pour des appétits affamés, ou passer le balai sur le carrelage de la cuisine a autant de valeur que finir n'importe quelle tâche intellectuelle que l'on aurait tendance à tenir pour supérieure. Nous avons souvent du mal à nous en convaincre nous-mêmes. Peut-être parce que c'est moins visible pour les autres.
C'est sûr que pouvoir dire "je viens de boucler un gros dossier, je me sens plus légère" est plus socialement valorisé que "j'ai fait un grand tri et le ménage dans la chambre du fond, c'était un gros travail dont je suis fière." Entre mères, on peut se le dire, et chacune voit ce que cela veut dire. Mais devant une assemblée d'hommes, ou sur un lieu de travail, ça risque de tomber comme un cheveu sur la soupe.
Pourtant qu'est-ce qu'on se sent bien quand le sol de la cuisine est propre. Un bouquet de fleurs devant la fenêtre réjouit le cœur de tout le monde, habitants de la maison et visiteurs. Le dîner bien chaud qui sent bon dans toute la maison parle de lui-même. Le soin apporté à toutes ces choses apporte une forme de paix et se satisfaction à l'âme : que cela soit soigné nous rend plus agréable, moins tendue, et plus prête à faire notre travail avec entrain. Plus disponible aux autres mêmes.
Il faut le redire, ce qu'il se passe dans la maison est chose importante et profonde. Notre maison est l'endroit où nous nous préparons, avec mari et enfants, pour le ciel. Elle est le reflet de nos combats spirituels, de nos efforts, elle est le lieu où nous vivons la charité jour après jour, et où nous tissons quotidiennement notre relation à Dieu.
Et ce n'est pas rien.
Eva Gonzalès, Bouquet de violettes ( (1877-1878)
metmuseum.org